Les objectifs

DeskoloL’augmentation des tarifs de l’énergie rend de plus en plus prégnante la nécessité de limiter, voire de réduire la dépense en électricité. D’autant que l’envolée des consommations s’accompagne de l’augmentation du budget d’infrastructure (sécurité électrique et climatisation). Déjà, aujourd’hui, le prix d’acquisition d’un serveur dans un DataCenter est inférieur au coût de l’énergie électrique qu’il entraîne pendant sa durée de vie !

Si on en passe des serveurs aux postes de travail, l’environnement de fonctionnement est moins onéreux en termes de consommation électrique, en revanche le nombre de ces équipements en fait la cible prioritaire de toute stratégie d’optimisation des coûts énergétiques d’un système d’information. Au rythme actuel, à l’horizon 2050, 50% des émissions des gaz à effet de serre proviendraient de l’informatique !

Le projet DESKOLO vise justement à mettre au point des outils efficaces d’analyse et d’optimisation de la consommation électrique des postes de travail informatiques.

Chaque jour, des millions de personnes quittent leur bureau en laissant leur ordinateur allumé. Ils ne veulent pas perdre de temps le lendemain matin à redémarrer, se connecter, ouvrir les applications et charger leurs documents. Éteindre et rallumer reste exceptionnel, et le poids des habitudes l’emporte sur la raison énergétique. Après tout, nous sommes des humains, pas des saints.

Imaginons le scénario suivant :

  • comme d’habitude vous quittez votre bureau, ordinateur allumé,
  • peu de temps après (par exemple dès que vous avez « badgé » pour sortir) votre ordinateur suspend ses opérations, mémorise son état et s’éteint,
  • avant que vous arriviez le matin (par exemple lorsque vous badgez) votre ordinateur est réveillé automatiquement et retrouve l’état dans lequel vous l’avez laissé,
  • vous retrouvez alors votre ordinateur prêt à fonctionner immédiatement.

Rien n’a changé dans votre quotidien. Cependant vous venez d’économiser environ 2,4 kWh soit l’équivalent de 200 W pendant 12 heures, ce qui est la consommation d’un pc de bureau classique avec un moniteur LCD. Cela représente entre 0,13 € TTC (tarif bleu individuel de 6,54€ pour 100 kWh) et 0,21 € TTC (tarif bleu heure pleine de 10,74€ pour 100 kWh).

Si l’on raisonne maintenant sur 200 jours d’utilisation par an et que les pcs sont éteints pendant le week-end (estimation assez optimiste), on obtient une économie par pc et par an de 26 à 43 €. En considérant des organisations dans leur ensemble (plusieurs milliers ou dizaine de milliers de pcs), cela peut vite devenir important.

Ces calculs sont recoupés par une étude de l’Ademe. En effet, selon une étude menée par Enertech pour le compte de l’ADEME et de la région PACA, une unité centrale fonctionne en moyenne 4004 heures par an soit 17,8 heures par jour ouvré, et un écran 2510 heures par an, soit 11,2 heures par jour ouvré ! Les mesures d’Enertech montrent que l’ordinateur n’est effectivement utilisé que 686 heures par an, soit trois heures par jour ouvré. On trouve donc un total de 0,2kW*3318 h = 663 kwh utilisé annuellement en pure perte. En considérant 1/3 de ce temps en heure pleine (tarif bleu) et 2/3 en heure creuse, c’est 37,86 €/an qui sont dépensés inutilement.

Ces mesures sont recoupées par une étude faite sur l’ensemble du parc d’EDF par les équipes d’exploitation. Ils estiment eux l’économie possible de l’ordre de 37€ par pc et par an. Bref, l’ensemble des mesures et des études convergent vers une économie possible de 30 à 40€ par poste et par an.

Le renouvellement du parc peut permettre d’économiser une partie de cette énergie (utilisation massive de moniteurs LCD, utilisation de composant ayant une consommation moindre ou de portable). Cependant, il reste qu’une partie de l’énergie utilisée est dépensée en pure perte. Et comme le prix de l’énergie ne cesse d’augmenter dans un mouvement qui risque de s’amplifier dans les années à venir, il est nécessaire de prendre toutes les mesures possibles pour utiliser au mieux l’énergie dépensée.

La mise en veille et l’allumage centralisé sont des bons moyens d’économiser l’énergie. Il est cependant possible de travailler sur la consommation d’énergie d’un ordinateur au niveau du système d’exploitation. Nous proposons donc d’étudier un profil « basse consommation » pour une distribution linux pour les ordinateurs de bureau. Il s’agira de minimiser les accès disques, favoriser l’extinction de l’écran, étudier les processus les plus gourmands en énergie et les optimiser. De la même manière, des procédures de mesures énergétiques seront intégrées dans les procédures de validation de matériel et les valeurs recueillies seront accessibles via les bases de compatibilité matérielle.

Rappelons qu’aujourd’hui il y a environ 1 milliard de pcs sur terre, et que l’on estime en 2010 que le nombre de pcs sera de 2 milliards. On estime également qu’à ce rythme de croissance, 50% des émissions de gaz à effets de serre en 2050 proviendront de l’informatique.